Bouddhistes ou Hindouistes... ont aussi leur façon de célébrer un
mariage spirituel. Prières et rituels, de vraies offrandes à Dieu.
MARIAGE BOUDDHISTE
Riche en symboles et en préparatifs, il trouve son essence dans cet art de vivre qu’est le bouddhisme. Rien à voir avec les croyances et les religions occidentales,
le mariage est une fête riche en pourpre ou en carmin, qui s’inscrit dans des coutumes habituelles. Son rituel doit respecter quelques étapes d’importance capitale.
Quand les amoureux ont décidé de s’unir, ils vont tous les deux demander
la bénédiction de leurs parents respectifs. C’est la famille du futur marié qui détermine, après avoir consulté le zodiaque, les jours propices au
mariage. Le calendrier du zodiaque est aussi consulté pour convenir et déterminer la date à laquelle la famille de la mariée recevra les cadeaux destinés aux futurs époux. Un calcul savant.
Traditionnellement, le jeune homme offre à sa belle-famille de l’argent. Aujourd’hui, sa famille prend généralement en charge tous les frais de la cérémonie. La future mariée apporte en guise de dot des bijoux de famille. Les préparatifs incombent à la famille du marié qui définit par la même occasion la liste des invités qu’elle envoie ensuite à la famille de la demoiselle.
Pour la nuit de noces, les fiancés font l’acquisition d’un nouveau lit drapé de rouge, la couleur phare du
mariage. Le symbole d’un nouveau départ et le porte-bonheur du couple.
Les maisons des deux familles sont décorées en rouge.
La nuit précédant le
mariage, les époux se prêtent au jeu d’un original cérémonial, en hommage à l’entrée dans la vie adulte. Au clair de lune, il doit apporter la fertilité. Ils se peignent les cheveux quatre fois, une fois pour symboliser l’union du couple durant leur
mariage, la seconde pour apporter fidélité et harmonie. La troisième fois amène fécondité et une grande descendance et la quatrième annonce la richesse dans le foyer. La mariée revêt une
robe rouge le jour de la cérémonie. Ce sont le fiancé et ses garçons d’honneur qui viennent la chercher chez elle. Le
cortège s’arrête tour à tour chez les deux familles. Ils partagent un thé et distribuent des cadeaux, des dons en argent glissés dans des petites enveloppes rouges. La fiancée quitte sa maison sans toucher le sol. C’est interdit. On lui ouvre un parapluie rouge au-dessus de la tête, pour lui renouveler ses vœux de fertilité. C’est pour cela qu’elle est portée du seuil de la maison au temple.
La cérémonie officielle est digne d’un mariage princier. Une fois terminée, tout le monde se rend au banquet, pour fêter comme il se doit cette journée mémorable.
MARIAGE HINDOUISTE OU TAMOUL
Autrefois arrangé du fait des contraintes de castes, le
mariage à l’indienne prend un caractère tout autre de nos jours.
Il revêt aujourd’hui un aspect solennel incontestable. Les parents n’interviennent plus trop dans le choix des futurs époux. En revanche, ils consultent encore les astres pour définir les meilleures dates et heures de la célébration. Le
mariage hindouiste ou tamoul se déroule au grand jour en présence de centaines d’invités. Les rituels durent de longues heures, et se déroulent entre le temple et la
salle préparée spécialement pour l’occasion près de l’enceinte religieuse. Un espace sacré, le [pandel], étymologiquement "
salle verte" est installé et décoré de végétaux : fleurs odorantes, feuilles de bananiers, arbustes, etc. Les époux y prennent place, précédés des musiciens et des proches.
Parmi eux, sept ou neuf dames, non veuves, portent des plateaux chargés de produits et objets nécessaires aux nombreux rituels qui suivent : bijoux, vêtements de
mariage, pâtisseries, noix de coco, etc.
L’évocation à Ganesh, le dieu de la force demeure importante ainsi que les différents rites purificateurs. [Varuna pûjâ], notamment, durant lequel le dieu védique Varuna est vénéré sous la forme de l’eau lustrale. Le bain rituel est donné par cinq dames en sari à un fagot sacré, composé de divers ingrédients (lait, miel, safran, etc.), décoré de guirlandes, d’un cordon en coton ; ceci, sensé attirer sur le couple divers bienfaits (fécondité, longévité et vie douce). Shiva et Pârvâti sont honorés aussi.
Les petits bracelets passés aux poignets des futurs époux sont consacrés. Ils rendent ensuite hommage à leurs parents respectifs en leur recouvrant les pieds d’un doux mélange. Devant le feu, la jeune fille est offerte par ses parents à son futur mari. Suivent le [thâli pûja] et le [thâli kattudal], l’équivalent de la bénédiction et de l’échange des anneaux. Après tout ceci, les mariés reçoivent des poignées de riz safranés et de pétales de fleurs. Ils font sept pas autour du feu sacré.
Suivent encore
quelques échanges dont ceux des anneaux de pieds. Mari et femme se rendent ensuite au temple pour assister à leur première cérémonie. De retour au [pandel], ils enlèvent les bracelets des poignets et s’installent dans la balancelle où ils recevront les félicitations et les cadeaux des invités.
Le banquet suit et, le couple déambule pour remercier les convives de leur présence.
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