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Phénomène connu et confirmé : traverser l’Atlantique en
direction du Mexique, des Bahamas, ou de Cuba, provoque sur chaque voyageur un
effet surprenant, proche du paranormal. Exposé des faits. |
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| Jour 1 : Avec des Oui, on mettrait les Keys en bouteille. | |||||||||||||||||||||||||||||
| Jour 2 : Les îles aux multiples visages. | |||||||||||||||||||||||||||||
| Jour 3 : Bénis des Dieux. | |||||||||||||||||||||||||||||
| Jour 4 : Key West, côté culture. | |||||||||||||||||||||||||||||
| Jour 5 : Marathon, l'île chic et charme. | |||||||||||||||||||||||||||||
| Jour 6 : Retour à la civilisation. Départ pour Miami. | |||||||||||||||||||||||||||||
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Phénomène connu et confirmé : traverser l’Atlantique en
direction du Mexique, des Bahamas, ou de Cuba, provoque sur chaque voyageur un
effet surprenant, proche du paranormal. Exposé des faits. Ó i-mariage.com.
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| Aéroport de Paris Charles de Gaulle, 9 heures du matin. Les voyageurs du vol AA 63 à destination de Miami sont invités à se rendre au Comptoir AmericanAirlines pour l’enregistrement. |
Quelques minutes d'attente dans la zone d’embarquement et puis, ça y est, le
départ est annoncé.
À peine installés dans l’avion, nous réglons nos montres à l’heure américaine.
Midi, non que dis-je ? : six heures du matin. Une excuse pour nous assoupir sans
scrupule, en visant exceptionnellement la grâce matinée. Il est 16 heures quand
nous atterrissons sur la piste ensoleillée de l’aéroport international de Miami.
Les thermomètres affichent 84.2°F à l’extérieur (29°C). Après avoir passé la
douane et retrouvé nos valises, nous récupérons notre voiture de location. Les
formalités remplies, nous découvrons notre belle routière : une Chevrolet
familiale 9 places (pour deux !) flambant neuve.
Habituée à la conduite américaine, je prends le volant de notre gigantesque
semi-automatique toute option, en confiant le poste stratégique de co-pilote à
mon amoureux. Direction Key Largo à deux
heures de route d’ici. Notre carte routière est la bienvenue pour quitter
Miami et trouver sans encombre le bon embranchement qui nous mène vers notre
premier lieu de villégiature. Nous voyageons au son de la Country Music,
des Black Eyed Peas et de tubes hispanophones, en admirant les paysages.
Les cinq ouragans qui ont balayé la région deux mois auparavant semblent avoir
épargné les Keys. Du coup, je ne peux m’empêcher de penser que ce lieu
est béni des Dieux. Merci Éole ! Alors, je
repense à ma première impression, en altitude, alors que je me rendais aux
Bahamas pour des vacances toutes en couleurs. Les clés du paradis seraient-elles
caché ici ?
Soudain, nous pénétrons, comme aspirés, dans Key Largo, l’île la
plus au nord et la plus grande de l'archipel. D’immenses pancartes nous souhaitent
la bienvenue dans la très sérieuse Conch Republic, indépendante depuis
1982. Les habitants possèdent la double nationalité : conque et américaine. Le
nom de cette île vous dit sans doute quelque chose ? Pas étonnant, amis
cinéphiles. Rappelez-vous ce somptueux long métrage éponyme, avec, en vedettes
Lauren Bacall et Humphrey Bogart affrontant un ouragan dévastateur et le
terrible gangster, Edward G. Robinson. Cette Long Key fut renommée «
Key Largo » juste après le succès planétaire de ce chef d’œuvre en noir
et blanc. Nous roulons sur la US 1, la seule et unique route qui traverse cette
étendue jusqu’à Key West, située à
175 kilomètres d’ici.
Mon compagnon, guide en main, me conte l’histoire de cette route mythique.
Droite comme un « i », elle prit le tracé de la ligne de chemin de fer qui
reliait la Floride à toutes les îles jusqu’à Key West. Détruite par un
cyclone en 1926, elle fut remplacée dix ans plus tard par l’Oversas Hwy,
devenue l’US 1, aujourd’hui. Ce soir, nous logeons à l’hôtel Sheraton, au
Mile Marker 97. Le rôle de mon co-pilote est soudain particulièrement sollicité.
Sur les Keys, pas de nom de rue – excepté sur Key West -, pas de
panneaux de signalisation ni de croisement non plus : les seuls points de repère
sont donnés par des bornes kilométriques (en miles, plus exactement). Nous
arrivons à l’hôtel vers 19 heures : il est une heure du matin, heure française.
Nous sommes exténués malgré notre sieste dans les nuages. Après le check in, le
ventre vide, nous dégustons en duo une délicieuse soupe à la spicy conch,
faisant ainsi honneur au royaume qui nous accueille pour le plus beau séjour de
notre vie. Puis, dodo bien mérité.
| Au programme de la journée : snorkeling sur Key Largo, émotions et détente sur Islamorada. |
Nous nous réveillons à l’aube et en pleine forme. Le soleil est au
rendez-vous. Le petit-déjeuner s’annonce gargantuesque : bienvenue aux
États-unis.
Nous faisons honneur au buffet de charcuteries, de viennoiseries et de fruits
sous prétexte d’affronter dans les meilleures conditions notre première matinée
dédiée à la découverte des fonds marins en snorkeling. Nous croisons beaucoup
d’américains venus en famille profiter de l’air particulièrement sain de l’île.
Nous entamons une balade digestive dans les jardins de l’hôtel et observons un
ballet impressionnant d’écureuils en action : certains jouent à saute-mouton,
d’autres semblent vouloir pulvériser le record du 100 mètres au sol et les plus
sportifs s’échauffent en escaladant les marronniers à la vitesse de l’éclair.
Quel spectacle ! À nous d’en faire autant. Comme tout bon américain, nous
reprenons notre automobile, direction Key Diver, à deux miles de
l’hôtel pour aller explorer la barrière de corail. Masques et tubas sont nos
tenues d’apparat et nous passons la matinée la tête sous l’eau à nous
émerveiller sur la faune et la flore aquatiques.
Les dauphins ne sont pas très loin paraît-il mais nous n’aurons pas la chance
d’en rencontrer ce matin. Nous errons dans un kaléidoscope vertigineux, à la
recherche du poisson le plus original. Une famille bleu turquoise à pois jaunes
passe sous nos yeux. Plus tard, cinq ou six autres familles aux coloris criards
et presque incroyables nous saluent en frétillant de la queue. Nos hôtes sont
particulièrement bien élevés et défilent tels des petits rats de l’opéra.
À peine sortis de l’eau, notre estomac crie famine. Ivres de couleurs, nous
reprenons l’US 1 à la recherche d’un petit restaurant. Mile Marker 98 : une
barraque de pêcheur retient notre attention : le Ballyhoo’s fait salle
comble.
Aux murs, la décoration mêle sextants, cartes maritimes, filets de pêche et
maquettes de bateaux. Un lieu qui semble inspirer les habitués du dimanche midi.
Assoiffés, nous commandons deux sodas gazeux. Le serveur apporte deux bocaux
d’un litre en nous précisant : « c’est à volonté ! » Cette précision nous fait
sourire : nous nous demandions déjà comment finir nos verres taille XXL.
En accompagnement, j’opte pour un thon cajun, et mon fiancé, pour un hamburger
quadri-dimensionnel « maison ». Objectif de l’après-midi : se dépenser pour
éliminer les 4500 calories ingurgitées depuis ce matin sous le seul instinct de
gourmandise (et non de survie). Nous reprenons la voiture, direction Robbie’s Marina, un
lieu conseillé par l’hôtel, une étrange pisciculture.
Ici,
des centaines de tarpons se côtoient dans des bassins. Pour quelques
dollars, nous attrapons un seau rempli de petits poissons. Le but de la manœuvre
étant de donner à manger de main à mâchoire à ces créatures affamées. Dents
aiguisées, les tarpons – pour certains longs d’un bon mètre - scrutent
d’un œil affûté leur goûter. J’observe mes voisins de galère et suis effrayée
par le spectacle : les tarpons sautent en direction du précieux butin, manquant
parfois de croquer le bout des doigts des plus téméraires. Je préfère alors
lancer à l’eau mes proies et observer de loin le rituel gastronomique de ces
hôtes un tantinet voraces. Je questionne un voisin américain, apparemment
habitué des lieux, à en croire l’état de ses doigts amochés : « les dents de la
mer, ça a bien été tourné en Floride, non ? »
Pour la postérité, j’immortalise sur papier glacé quelques gros plans de
mâchoires, à faire froid dans le dos... Ça peut
servir… J’aurais toujours l’occasion de raconter comment j’ai échappé aux
dents affûtées d’un banc de 150 tarpons alors que je pêchais dans les eaux
tranquilles d’Islamorada.
Après ces émotions, nous reprenons la route en direction de notre nouvel
hôtel : le Cheeca Lodge & Spa. Bref passage au World Sportsman,
Mile Marker 81,5. Ici, le spectacle est beaucoup plus calme et offre un
paysage de répliques du bateau d’Hemingway
« The Pillar ». Un avant-goût de notre séjour à Key West, un des pieds à
terre du talentueux homme à la barbe blanche. Nous posons nos valises pour une
nuit dans un hôtel aux charmes époustouflants, dans l’île réputée pour être la
capitale mondiale de la pêche au gros. Rapidement, nous découvrons notre
chambre, un luxueux bungalow les pieds dans le sable avec vue sur la mer et
petit espace bronzette. Une merveille, équivalente au décor des plus beaux
hôtels de l’Île Maurice ou des Maldives. Un plouf dans la piscine s’impose avant
d’aller lézarder sur la plage de l’hôtel, artificielle, certes, comme toutes les
plages des Keys d’ailleurs, mais particulièrement intimiste et agréable.

La fin de journée se passe ainsi à bouquiner et à se regarder les yeux
dans les yeux sous un soleil généreux et caressant la peau d’un joli hâle.
Prenant notre courage à deux mains, nous entamons une petite balade en fin de
journée. Nous partons observer le coucher du soleil du bout du ponton. Soudain,
Éole se lève et dégage instantanément le ciel
au-dessus de nos têtes. Dans un impressionnant ballet, les étoiles prennent
place une à une stratégiquement et débute un jeu de signaux : la lumière nous
éclaire comme en plein jour. Le calme est à son paroxysme. Même la mer semble
avoir stoppé ces clapotis pour nous laisser profiter de ce moment unique et
presque improbable. Seuls au monde, des éclairs fusent de part et d’autre du
ciel. Puis l’obscurité et les vagues reprennent leurs droits, comme si le rideau
se baissait. Nous repartons profiter de notre petit palace en faisant défiler
les 150 chaînes de TV américaines, dans l’espoir de savoir ce qui se passe dans
notre hexagone natal. TV5 n’est pas programmée…
Alors, nous apprenons dans un « Non, INCROYABLE ! » unanime, que la série
Dallas refait parler d'elle. Bobby, Pamela, Sue Ellen, JR, Lucie, et les autres,
remettent le couvert en tournant de nouveaux épisodes ! Ça,
c’est un scoop ! Nous continuons notre tour d’horizon des chaînes américaines.
MTV dédie une émission aux défis gastronomiques les plus fous. À coté,
Survivor, c’est de la rigolade. Et pourtant : les filles combattent les
garçons sur une plage archi ensoleillée de Malibu. En maillots de bain ultra
minis, nos stars post-pubertes du jour, doivent avaler en un temps record du
poil à gratter, dix cuillérées d’un audacieux mélange de sauce chili et wasabi,
et des petits insectes encore frétillants… Bouhh...
Le cœur retourné, il est l’heure d’aller dîner. Ce soir, nous avons décidé de
nous offrir le must de l’hôtel. Nous rejoignons l’Atlantic’s
Edge, un luxueux endroit offrant une vue imprenable sur la mer. Les
mosquitos sont de sortie alors nous préférons dîner à l’intérieur. Nous zappons
immédiatement les images du jeu télévisé pour apprécier, que dis-je, délecter
notre repas : l’un des plus inoubliables de notre séjour. Au menu, pinces de
crabes en entrée servies telles un bouquet de tulipes dans un vase en cristal,
suivi d’un lobster (homard) à la sauce curry, le tout arrosé d’un
succulent vin blanc californien. Nous trinquons à notre amour et aux Keys
qui nous réservent depuis le début des festivités d’inoubliables surprises.
Repos et douce nuit s’en suivent pour nous mener jusqu’au troisième jour de
notre séjour.
| Un lundi riche en émotions : crocodiles et vautours à Lower Keys, et franches parties de rigolade à Key West. |
6 heures, le jour se lève tôt et
nous avec.
Nous quittons notre chambre pour profiter de la plage encore déserte. Seuls,
quelques hérons parfaitement alignés sur le sable scrutent le large. En parfaite
normande, je me contente d’une pomme (trois fois plus grosse que celles qui
poussent dans mon bocage natal) et de deux verres de lait froid pour le
petit-déjeuner. Un retour aux sources et à la nature très apprécié, l’océan en
plus…
Ici, le temps passe moins vite : un délirant constat ? Non, une certitude :
tous les habitants d’Islamorada vous le diront ! Nous quittons l’hôtel sous
un soleil de plomb. Direction Lower Keys. Nous avons rendez-vous avec un
passionné de faune et de flore pour une excursion en kayak. Arrivée au
spot de Big Pine Key.
Au programme : deux heures de sport dans une nature préservée. Tartinés de crème
solaire et « casquettés » à l’américaine, nous pagayons en direction de la
mangrove. Les obstacles sont nombreux. Nous tentons par endroits de nous frayer
un chemin sans altérer feuilles et troncs archi protégés. Refuge ornithologique
hors pair, nous croisons des cormorans, des pélicans et des dizaines d’espèces
"oisives" sages comme des images ou particulièrement dissipées, battant
outrageusement de l’aile.
Soudain, je suis interpellée par des cris lointains de rapaces dessinant des ronds
au-dessus de nos têtes. J’espère que l’odeur du homard dégusté au dîner hier
soir ne troublera pas leurs narines, même en altitude. Pour dissiper mes
esprits, Bill, le guide m’annonce qu’il vaut mieux me concentrer sur ma
gestuelle qu’à ce qui se passe en altitude. Les alligators ne sont pas très
loin, me prévient-il, avec un tel flegme que je crus à une mauvaise blague.
Sauf que je me souviens avoir signé une décharge mentionnant le terme d’ «
alligator ».
Pendant que mon fiancé pagaie de toutes ses forces, je braque mon objectif, à
l’affût de la moindre mâchoire particulièrement rugueuse et longiligne.
Concentration optimale, j’en perds même mon latin en manquant de retourner notre
embarcation sous le passage d’une anguille trois fois plus longue qu’en France :
j’ai cru avoir croisé un python particulièrement agile dans l’eau. Difficile de
contenir mes émotions et mon angoisse croissantes. Mon fiancé me traite
abusivement de poule mouillée. Notre kayak arrive au niveau d’un goulet
d’étranglement. J’observe bouche bée une famille d’américains les pieds dans
l’eau tirant tranquillement leur embarcation jusqu’à une zone plus spacieuse… Je
suis paralysée au moment où c’est à mon tour de mettre les pieds dans l’eau. Je
supplie Dieu de ne pas me mettre en situation critique. Une curieuse idée me
traverse alors l’esprit : je préfèrerais presque être entourée de tarpons
affamés plutôt que de traverser cette jungle en pensant être poursuivie par une
horde de crocodiles. Plus de peur que de mal finalement, les bébêtes n’ont
pas daigné montrer la moindre narine de toute l'excursion. Pour soulager mon
fiancé, et en remerciant le ciel de la Conch Republic, je décide de
prendre la conduite de notre kayak bi-place en main.
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Habituée aux balades en kayak sur eaux calmes, je tente de montrer à mes compagnons d’infortune de quel bois se
chauffe une normande athlétique et dont l’hygiène de vie -hors vacances- se résume à manger 10
fruits et légumes par jour… Et toc : qui a parlé de poule mouillée ? Mon ami,
l’objectif braqué sur une nature de toute beauté, me demande même à plusieurs
reprises de réduire la cadence.
De retour sur terre, je me félicite de mon courage décuplé en regrettant
nonchalamment de ne pas avoir croisé ces chères têtes vertes. Quelle matinée
tout de même ! Quand je vais raconter que j’ai joué les Indiana Jones
en luttant contre les vautours et les crocodiles, armée d’une simple pagaie… on
ne va pas me croire.
Nous reprenons la route vers Key West, l’île du bout de l’île…
La pause déjeuner se déroule au Parrotdise Bar & Grill, MM 28,5, au bord
de l’eau. Les émotions, ça creuse ! Les parts sur-dimensionnelles des assiettes
ne me surprennent plus. J’ai une faim de crocodile ce midi.
Au menu : encornets farcis et sushis maison au sésame, ponctués de glace au lait
(six boules pour deux parfums ! Nous reprenons la route, étonnés de longer par
endroits des tronçons de la ligne de chemin de fer encore intacts, après les
ravages du cyclone de 1926.
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Vers 16 heures, nous découvrons notre nouvel hôtel pour deux nuits.
Key West dégage une tout autre atmosphère. Plus citadine et plus atypique, elle nous
interpelle par ses maisons victoriennes, ses églises coloniales et ses hôpitaux
pour chats. Nous déposons rapidement nos bagages au Southernmost Hotel,
puis partons à la découverte de cette île secrète, longtemps habitée par le
talentueux Ernest Hemingway. Aujourd’hui, les gays, les artistes et les
écrivains y ont élu domicile.
Période post-électorale oblige, les voitures, jardins et clôtures affichent
toutes opinions politiques. Kerry ou Bush, le suspens n’était déjà plus mais
la surprise est de taille pour de pudiques frenchys comme nous ! Nous
n’en sommes pas au bout… de nos surprises justement !
Cette escale mérite bien deux journées de découverte.
Nous reprenons l’automobile en direction de Mallory Square sur le port
pour observer un coucher du soleil inoubliable. L’avenue y menant regorge de
cafés, de boutiques et d’échoppes, dont l’architecture hésite entre passé
authentique et modernisme volontairement « gest housisé » … Chaque soir,
sur le port, au moment où le soleil rejoint l’horizon, les marginaux font part
de leurs talents d’acrobates, de déguiseurs de chiens ou de chats, de cracheurs
de feu… dans un spectacle étourdissant et bon enfant. La « Sunset Celebration
» ne connaît pas de vacances : la foule est présente ici tous les soirs.
Au loin, les paquebots en escale dans le port font forte impression, les
propriétaires des yachts commencent à recevoir des invités pour une soirée chic
et discrète.
Le soleil se couche et l’île semble subitement se réveiller dans une ambiance
parfaitement secure. Âmes sensibles s’abstenir :
les masques tombent. Certains hommes deviennent femmes, les bikers
et les gays bodybuildés sont de sortie... Les cafés et restaurants font
salles et terrasses combles. L’ambiance est festive et le restera toute la nuit.
Key West est ainsi faite, puritaine et libérée, bénéficiant de sa
proximité festive à Cuba, distante de seulement 90 miles. La musique coule à
flot : harmonica, guitare, country, rock tendre ou déjanté, ambiance
cabaret ou piano bar, il y en a pour tous les goûts. À l’heure de l’apéritif,
nous faisons connaissance avec nos voisins de table : quatre gaillards à
chemises à fleurs, chacun affichant le gabarit de Swartzy. Trinquant à la Bud®,
ils nous invitent à regarder les photos sur lesquelles ils sont penchés depuis
dix bonnes minutes, clichés pris ici même il y a tout juste une semaine lors de
la Fantasy Fest. A l’occasion du défilé, Duval Street se
transforme en rue pour nudistes peinturlurés des pieds à la tête. Nus comme
des vers (sous 30° C quand même), les habitants et vacanciers venus pour
l’occasion exhibent chaque année à la même époque leur anatomie colorée avec
goût.
Cette île semble receler d’innombrables curiosités… Nous partons dîner en
amoureux en donnant rendez-vous à nos quatre nouveaux amis pour la deuxième
partie de soirée. Chez Nicolas, restaurant dépendant du superbe
hôtel Hyatt Sunset Harbor sur Sunset Lane, est notre escale pour le
dîner. Nous partageons une succulente paella, garnie de poissons locaux, et
ponctuée ça et là de homard, de crabe, de conch chowder et de crustacés à
se damner. La soirée se poursuit de bars en bars, tout au long de Duval
Street, toute tendance confondue. Il faut forcément jouer le jeu quand on
vient à Key West. Retour à l’hôtel pour un repos bien mérité.
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| Key West, toujours et encore. Sur les traces d'Hemingway, de Harry Truman et croisière pour observer le Sunset. |
Petit-déjeuner prévu au
Blue Heaven, dans le quartier à la mode
surnommé Bahama Village. Ambiance baba… « Prenez place sur la terrasse !»,
nous invitent les jeunes propriétaires… Nous nous installons à l’une des tables
posées au milieu des coqs et des poules, évoluant en parfaite liberté.
Guides en main, nous apprenons que le lieu est un ancien bordel où Ernest
Hemingway aimait se rendre. Tiens donc !
Aujourd’hui, l’endroit ressemble à une galerie d’art à ciel ouvert. Les jeunes
artistes locaux y exposent sur des murs leurs toiles ou leurs œuvres, des plus
strictes aux plus exubérantes. La nourriture est délicieuse et copieuse…
Waffles et pancakes superposés, menacent de s’écrouler. Nous
profitons de ce moment et du soleil pour organiser notre programme du jour.
Nous débutons cette journée par un tour de l’île en trolley avec une
dizaine de couples sexagénaires et une guide nous contant toutes les subtilités
de Key West. Instructif mais passage en revue en total contradiction avec
les lieux visités la veille au soir. Nous découvrons une île calme et sans
excès,… Incroyable ! Puis, nous enfourchons deux bicyclettes. Direction
Hemingway Home and Museum. Le sosie du maître nous accueille et fait
sensation en arborant une chemise à palmiers et une longue barbe grisonnante. Pipe à
la bouche, il nous baragouine un « Bienvenue chez Hemingway », maison dans
laquelle il vécut de 1931 à 1940 environ. C’est ici qu’il écrivit trois de ses
plus beaux chefs d’œuvre : les Neiges du Kilimandjaro, Pour qui sonne
le glas et l’Adieu aux armes. Nous visitons tour à tour les pièces de
la maison : le salon, la salle à manger, la cuisine, la chambre à coucher,… dans
lesquelles reposent tableaux, photos, coupures de presse, meubles et objets de
décoration fabuleux. Nous longeons le bureau du maître, intact avec la table sur
laquelle sont posés sa vieille machine à écrire et ses ouvrages préférés.
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Une ambiance particulière émane de cette maison, bourrée à craquer de touristes
allemands et américains. Passage en revue du jardin dans lequel nous
rencontrons les descendants des 60 chats à six griffes d’Hemingway : ils
sont toujours 60 et possèdent, pour la moitié d’entre eux, cette même
particularité physique. Tous les félins portent le nom de personnages célèbres.
J’ai la chance de croiser Hillary Clinton et même Ava Gardner… Non loin de là,
le phare de Key West haut de 80 mètres nous fait de l’œil. Nous le
gravissons pour profiter du point de vue incroyable et immortaliser un baiser en
apesanteur.
La journée se déroule ainsi, à découvrir les lieux les plus prestigieux de
l’île. Nous nous rendons alors dans la Harry Truman Little White House,
la demeure de l’ancien Président des États-Unis :
impressionnante table de poker !
Nous déjeunons au Sands Beach Club, les pieds dans le sable d’une plage
artificielle, à quelques centimètres du point O, la borne kilométrique marquant
le début des États-unis. Puis, au hasard, nous entrons dans le musée aux
papillons (Key West Butterfly & Nature Conservatory), au Mel Fisher
Maritime Museum, plus en retrait où nous découvrons ébahis les trésors
repêchés par ce spécialiste en la matière. Nous terminons notre balade
culturelle par le Key West Museum of Art and History qui résume en
tableaux et en photos parfaitement bien l’histoire de l’île. Un peu de shopping
et d’achats de souvenirs aussi...
En fin d’après-midi, nous rejoignons le port pour une croisière en mer à bord
d’un catamaran. Le champagne coule à flot en attendant que le soleil se
couche. Un moment particulièrement agréable mais très bruyant. Revenus sur
terre, nous décidons d’aller dîner au Mangoes sur Duval Street. Là
encore, le repas est succulent : plateau de fruits de mer, thon grillé et
assaisonné à la perfection. Nous terminons la soirée dans un café non loin de
l’hôtel et nous couchons tôt, la bicyclette et la croisière de fin de journée
nous ayant exténué.
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| Retour au calme sur l'île de... Marathon. Émotions autour des dauphins. |
Petit-déjeuner
au Banana Café, un lieu tenu par deux français, réputé pour sa
cuisine du terroir. Le soir, magret de canard et carré d’agneau au foie gras,
sont proposés. Mais pour l’heure, nous apprécions nos quatre toasts français, servis
avec beurre, confitures et croissants… Un délice.
Nous quittons l’hôtel peu de temps après avoir posé pour la postérité et le
souvenir devant la borne kilométrique 0. Key West nous aura réservé
quelques émotions et surprises inoubliables.
Nous reprenons la route pour notre avant-dernière journée dans les Keys.
Direction Marathon via la US 1. Nous
retraversons les ponts empruntés à l’aller, toujours aussi impressionnants – on
en recense pas moins de 42 sur l’ensemble des
Keys -. Nous déjeunons au
Key Fisheries, un snack typique et décontracté de Marathon. Les plats
varient selon la pêche du jour mais le crabe, la conque et les crevettes sont
ici rois.
Gary, le propriétaire des lieux nous indique qu’il pêche le crabe avec des
pierres, une technique vieille comme le monde qui protège la chaire et la rend
plus moelleuse. Je me régale de beignets de crabe, et de conques frites. Mon ami
se délecte en goûtant à la recette phare des lieux : le Crab Alfredo
accompagné de linguni. Une anecdote : les mouettes tournent étonnamment
au-dessus de lui et laissent échapper deux petites crottes. Gary accourre en
précisant : « That carries happiness ! » (Ça
porte bonheur !).
Je reprends le volant vers notre nouvel hôtel : le Hawk’s Cay Resort,
situé au MM61, un immense complexe dans lequel circulent des voiturettes de
golf. Golf 18 trous, courts de tennis, spa et bassin de dauphins… sont autant
d’activités intéressantes à découvrir, à condition d’y résider pendant quelques
jours. Nous logeons dans la villa numéro 2016, une magnifique maisonnette
victorienne sur deux étages. La décoration y est anglaise et sophistiquée : le
bonheur pour des vacances en famille. Nous passons l’après-midi autour du dolphinarium, une réserve marine à jouer les Sandy et Bud, héros de la série
Flipper the dolphin. L’émotion est à son comble… Nous profitons de notre
demeure le reste de l’après-midi et vadrouillons de la terrasse aux pelouses et
du salon au bord de mer. Dernier dîner romantique et gastronomique dans les
Keys, au Porto Cayo. Les bougies sont de sortie et les plats
se succèdent dans un élan de gourmandise absolue. Autre anecdote : avant de nous
servir le vin commandé, la serveuse nous réclame nos papiers d’identité. En
six jours de vacances, notre cure de jouvence est telle que nous avions rajeuni
de 10 ans.
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| Rencontre d'amoureux de la France et départ pour Miami pour une semaine de vacances supplémentaire. |
Le cœur serré, nous reprenons la route
vers Miami pour une seconde semaine de vacances, beaucoup plus citadine. En
repassant par Key Largo, nous stoppons notre auto au Kona Kai
Resort & Gallery, MM 97.8. Ce petit hôtel nous avait été conseillé par
l’office du tourisme des Keys comme l’une des curiosités de l’île. Les
propriétaires, Joe et Ronnie Harris sont des amoureux de la France et des
français. Alors, nous décidons de leur rendre visite et de partager un déjeuner
avec eux. Le buffet de salades et de glaces est délicieux. Nous profitons du
ponton, face à la mer, en ramassant quelques galets. Et puis retour à la
civilisation, le cœur serré et la tête étourdie par les souvenirs qui
s’entrechoquent.
Ce séjour n’a rien de commun. Un tel voyage de noces mérite toutes les
attentions. Une semaine plus tard, nous demeurons nostalgiques en survolant les
Keys éclairées comme en plein jour. De nombreux couples semblent se
demander ce qui s’y trame. Le piège se referme... les esprits sont déjà
conquis.
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